A l’eau !

A 9h, le 26 février 2009, mes fans sont de retour. Gérard, Yves et Olivier sont déjà à « pied d’oeuvre ». Ils installent mes deux safrans qui serviront à me diriger. Nicole supervise les opérations et immortalise la journée en filmant chaque étape.

L’élévateur se fait attendre. Mon grand frère d’à côté, un professionnel de la pêche, est prioritaire. Enfin, mon tour arrive. L’engin s’approche lentement en m’entourant de ses bras de fer. Je me sens, à la fois, protégé et prisonnier. Je me laisse soulever et me retrouve suspendu au dessus d’une fosse.

 

Délicatement, comme le ferait une maman donnant le premier bain à son bébé, je suis déposé sur l’eau. Consciencieusement, Gérard vérifie si tout est clair à mon arrière. Il tourne la clé de contact….

C’est alors que je mets à battre en arrière sous la pulsion des 54 chevaux de mon moteur. Est-ce vraiment le ronronnement du moteur que je perçois ? Ne serait-ce pas plutôt les battements du coeur de mon capitaine qui se sont accélérés à l’approche de cet instant crucial ? Calme-toi Gérard, tout va bien, je flotte !

Je ne me sens pas dans mon assiette (mais non, je n’ai pas le mal de mer, ce serait un comble !). Je veux dire que je ne suis pas dans mes lignes. Ils me manque certains attributs : mon mât et son gréement, mon ancre et sa chaîne entre autres. Cela ne m’empêche pas de parader devant mon public adoré. « Rendez-vous à la cale pour récupérer mon mât et ensuite au ponton du port du Hérel pour trinquer ensemble à mon bel avenir ».

Il faudra attendre le mois d’avril pour qu’enfin, orné de mon grand appendice (je suis de sexe masculin, dois-je vous le répéter ?) de mes dérives et de ma toile blanche, mes ailes se déploient et et que je m’envole vers des îles de rêve : Les Iles Chausey.