Par une belle journée d’hiver

Nous sommes le 25 février 2009, la météo annonce un temps frais mais sans précipitation. J’ai le trac. Je sais qu’à l’extérieur mon public m’attend ainsi qu’un journaliste de la presse locale.

Mes dix tonnes reposent sur des parpaings savamment positionnés sous ma coque afin d’y glisser un charriot.

Voilà c’est fait, je suis sur roues. Maintenant, les amis, le moment est arrivé de quitter ce cher cocon.

Allez-y, tirez !

 

Je suis impatient, ce soir je pars pour le port de Granville.

Me voilà sanglé de toutes parts. Adieu mes chers bouleaux, le doux murmure du vent dans vos branches ne me bercera plus. Ce fut un peu juste, mais la sortie étroite de la propriété est maintenant derrière moi.

Il fait nuit noire sur la route qui relie Avranches à Granville. Au loin je distingue les éclats du phare de la pointe du Roc. La mer est là, toute proche. Je la sens.

Nous franchissons les nombreux rond-points sans difficulté car ma remorque est adaptée à ce circuit. Elle est utilisée pour transporter les bateaux du port à sec à la cale du port de plaisance.

 

Sitôt rangé sur le terre-plein, je suis abandonné. Mon mât, d’une longueur non négligeable de 17m, fait l’objet d’un autre convoyage, tout aussi pittoresque.

 

Il est bien tard, lorsque Nicole et Gérard, accompagnés d’Yves et Olivier, viennent me retrouver pour passer leur première nuit sous ma protection.

Toujours sanglé, il m’est impossible de les bercer mais je me rattraperai les nuits prochaines. « Faîtes de beaux rêves, reposez-vous bien. Demain une journée forte en émotion vous attend. »