Ode au San Maryann

A Granville plaisance , l’est un joli voilier
Qui dresse fièrement, dépassant ses comparses
Un mât qui se balance au gré du clapotis :
Mât dont il met donné d’interpréter la langue
Et le message livré par son oscillation.

«  Suis-je destiné, dit-il, aux traversées modestes ?
Mes haubans sont solides, si peu sollicités
Qu’ils ne savent à quels vents ils pourront résister.
La voile que je déploie dès la sortie du port
Attend d’être gonflée aux fameux alizés
Qui, m’a-t-on dit, sévissent en zone tropicale.
Mais, j’ai pu déceler, depuis quelques semaines
Certaine effervescence à mon unique pied :
Ca va, ça vient, ça court, parfois ça s’interpelle.
La coque se remplit de paquets mystérieux…
Quelque-chose se prépare,
Quelque-chose annonçant enfin le grand départ.
Lutter face à la houle, aux vents de force dix,
Tirer sans fin des bords, ça ne me fait pas peur.
Celui qui a durant ces dix dernières années
Consacré ses loisirs à façonner la coque
Et à confectionner un intérieur douillet
Y a mis tant de coeur et s’est tant investi
Que je dois le mener où bon lui semblera
Sans jamais décevoir, sans trahir sa confiance.
Alors, vous, les terriens, quand, l’été prochain
En scrutant l’horizon, vous ne distinguerez
Que mon extrémité, s’enfonçant peu à peu
Par la rotondité de l’élément liquide,
Souhaitez-moi bon vent et bonne traversée.
N’ayez crainte : je me charge de la sécurité
De ceux qui ont conçu, construit ce bel ouvrage,
Et réalisent enfin ce dont ils ont rêvé. »

Pépé Pierrot 

Merci, à toi, pour cette gentille attention.