Rêves d’océans et d’îles lointaines

Le premier été après ma mise à l’eau, mon Capitaine et son mousse, pouvant profiter à nouveau de leurs congés annuels, entreprirent de me tester. Je voguai d’île en île. C’est ainsi qu’ils me firent découvrir après Chausey, les îles anglo-normandes de Jersey, Guernesey et Sercq.
Les deux années qui suivirent ( 2010 et 2011) je traversai la Manche et longeai la côte de la Cornouaille anglaise jusqu’aux îles Scilly. Le retour me permit d’apprécier les vents portants. Mon comportement, dans cette situation, conforta l’idée de Gérard : « Mon voilier est fait pour les Alizés »


En 2012, j’eus le plaisir d’embarquer des passagers non clandestins et de les promener le long des côtes bretonnes jusqu’à Concarneau.

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Pour le retour, plus musclé, un second équipage succéda au premier.

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Puis juin 2013 est arrivé. Mon Capitaine et son mousse, jeunes retraités, décidés à prendre le large pour trois mois, firent le plein de la cambuse. Le projet était une traversée vers les Açores mais une panne au niveau du circuit hydraulique du pilote, ajoutée à une météo médiocre, donnèrent un autre cap au voyage. La réparation effectuée et la météo s’améliorant enfin, on était déjà à la fin du mois de juin. Mon étrave pointée vers le SW, je traversai le Golfe de Gascogne sans avarie et arrivai au bout de trois jours et deux nuits en vue d’une côte inconnue, celle de la Galice espagnole. Je mouillai quelques jours dans la jolie baie de Cedeira avant de rejoindre la marina de La Corogne. Ensuite ce fut une succession de mouillages de Ria en Ria : Corme, Camarinas, Muros, Pobra de Caraminal, Cambarro, Baiona…..Le passage du Cap Finistere, à l’aller comme au retour, se fit dans d’excellentes conditions. Fin juillet, Nicole, responsable du suivi en météo, annonça un flux de SW pour la semaine suivante. Plus question de « lambiner », nous devions en profiter pour remonter la côte espagnole puis notre fameux Golfe. C’est avec un certain soulagement que, le soir du ? Août, nous vîmes la pointe du Raz se profiler à l’horizon. Il faisait nuit lorsque mon ancre glissa dans l’eau, devant la plage de Camaret. Mon Capitaine et son mousse l’avaient méritée cette nuit réparatrice. Il faudra bien, pourtant, qu’ils s’habituent à ce rythme de quarts de trois heures à deux.
Depuis cette escapade, tous les trois nous sommes certains de vouloir le tenter ce tour du monde tant rêvé.
Mais avant le grand départ, il y avait « du pain sur la planche ». Pas pour moi, qui n’avais qu’à me laisser « bichonner ». Par contre Nicole et Gérard durent s’occuper de leur maison qu’ils voulaient mettre en vente.
A partir d’octobre 2013, les sorties en mer se raréfièrent. Je me trouvai un peu délaissé, mais c’était pour la bonne cause. La maison, elle, s’embellissait. Mise en vente le 6 janvier 2015, elle fit le bonheur d’un jeune couple qui attendait un bébé.
Depuis le mois d’avril, nous sommes à nouveau réunis. Mon Capitaine et son mousse se plaisent à dire à leurs amis : « Nous sommes désormais SDF, nous vivons Sur Domicile Flottant ».
Ils ont gardé une adresse en France, celle de leur fille aînée en Savoie. Marie gèrera, si besoin, les problèmes qui ne peuvent être résolus avec internet. Heureusement, il y en a peu.
Les préparatifs s’avancent mais je vous les détaillerai dans un prochain article. Si tout va bien, nos rêves deviendront réalité dans un avenir très proche. Avec l’aide de Nicole, je vous promets de les partager avec vous. Installez-vous confortablement, rapprochez votre écran et continuez votre lecture.