Le Portugal ( De Nazare à Lisbonne )

Nazare 39°35N/9°04W :

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Lundi 17 août – La Marina est située à l’extrémité sud de la ville. Pour se rendre à Nazare, il faut longer la grande plage très fréquentée par les estivants. Celle-ci est protégée de la houle par l’avancée rocheuse que j’ai contournée hier, à mon arrivée.

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Outre les estivants et leurs parasols, les jeux de plage, les paillotes, on y découvre des zones de séchage où les femmes de pêcheurs étalent les poissons à vendre aux promeneurs. On y voit surtout du chinchard mais aussi la roussette et les ailes de raie.

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La plage prend fin au pied de la falaise. C’est justement là que se situent les quartiers, les plus anciens et leurs rues pavées et étroites. Si vous êtes courageux, un sentier peut vous conduire à un village situé sur la falaise.

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Mais si vous préférez les sensations plus douces, alors faites comme mon équipage et prenez le funiculaire. Après une montée vertigineuse, vous vous retrouvez sur un surplomb, face à la baie.

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Gérard et Nicole me repèrent et me font un petit signe de la main, peine perdue car je ne les vois pas d’ici. Ne manquez pas ensuite l’extrémité de la pointe et son phare où ont été filmées des scènes apocalyptiques de tempêtes mémorables.

imageimage Photo prise lors d’une tempête

Vous pouvez retrouver ces vidéos sur Youtube. La route que vous prenez pour vous rendre au phare, se poursuit jusqu’à la plage qui attire les plus grands surfeurs. A cet endroit, les fonds passent de 400m à 20m et la houle forme une vague qui peut dépasser 30m de hauteur.

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Un retour par le village et une visite à l’église au choeur richement orné, puis il est temps de reprendre le funiculaire.

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Un apéro dînatoire attend mes équipiers sur le voilier de Joëlle et Edouard. Le départ est reporté d’une journée car Gérard, trop occupé, n’a pas eu le temps de réapprovisionner mon réservoir de carburant. Il faut pourtant en profiter car une station service toute proche délivre du gas-oil à 1,14€ le litre.
Cascais 38°42N/9°25W :
Mercredi 19 août – Le réveil est un peu dur car la soirée sur le voilier Orca s’est poursuivie jusqu’à 1h ce matin. Que d’histoires de mer à raconter entre les trois équipages. Le voilier d’Edouard est basé ici, il connaît donc très bien la côte portugaise et tous ses attraits. Sur Orca, l’équipage est de Coutances. Eh oui, quand je vous dis que le monde est petit ! Comme nous, ils ont quitté la Normandie mi-juillet. Simon, Nathalie et l’une de leurs filles partent, comme nous, pour un grand voyage, qu’ils préparent depuis plusieurs années. Nous pensons les retrouver à certaines escales. Simon a beaucoup navigué, enfant, avec ses parents et son frère, il est de bon conseil. A très bientôt, Orca.
Bon, dépêchons-nous ! Aujourd’hui 60 milles me séparent de mon point d’arrivée. La météo annonce un vent portant de 15 noeuds. En fait, dès mon départ, l’anémomètre m’indique 6 à 8 noeuds, donc……Yanmar ! De grandes falaises de roche rouge forment un côte escarpée. A 12h je passe entre les îles Belengas et le cap Cavaeiro qui protège la ville de Peniche. Route au 195°, grand-voile et génois tangonné, mais le moteur est toujours nécessaire pour garder une vitesse de 5 noeuds. Le prochain cap est encore loin devant et j’aimerais arriver au mouillage de Cascais avant la nuit. A l’approche du cap de Cavaeiro, le relief prend une autre dimension. Ce cap est abrupt, il génère un effet venturi. De 6 noeuds, le vent passe à 25 noeuds. Il me propulse à une vitesse de 8 noeuds. Vite, mon skipper reprend un ris et remplace mon génois par la trinquette. Je maîtrise, alors, plus facilement, cette mer hachée. Je parcours les 6 milles qui séparent les deux caps en 3/4h. Passé le cap Raso, le vent se calme. J’atteins Cascais à 21h. Je plonge mon ancre par 6m de fond, parmi une dizaine de voiliers. La zone de mouillage est vaste. Devant moi brillent les lumières de la ville, toute proche. La température extérieure est agréable en cette soirée d’été. Il a fallu descendre au-dessous de la latitude 39° pour, enfin, échapper à la fraîcheur océanique de l’Atlantique Nord.

Jeudi 20 août – La nuit aurait pu être parfaite s’il n’y avait pas eu la visite d’un moustique qui a dévoré mon malheureux skipper. Mon mousse a été épargné. Quelques gouttes d’huile essentielle de citronnelle ont montré leur efficacité et Gérard a pu trouver le repos en fin de nuit. Je ne suis pas prêt pour affronter ses congénères africains. Il va falloir y remédier si je ne désire pas voir mon équipage doubler de volume à cause des réactions allergiques !

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Lisbonne ( Parque de Naçoes ) 38°45N/9°05W :
Vendredi 21 août – Quelques courses au supermarché « Jumbo », ce matin, en attendant la marée basse, puis dès 13h, je commence ma remontée de l’estuaire qui dessert la capitale. Au départ, le moteur et le courant favorable me font grignoter les premiers milles, ensuite le vent du nord vient gonfler mon génois et je glisse, sur une mer sans houle, vers Lisbonne.

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Passée la Ponta da Lage, je m’engage dans le chenal. Je longe la banlieue avec ses constructions modernes.

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Le Pont du 25 Avril semble me barrer le passage mais sa hauteur de 70m me laisse confiant. Avec mon tirant d’air de 20m, je parais insignifiant. Il faut que je m’approche encore pour enfin distinguer la Tour de Belem.

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Au prime abord, Nicole est un peu déçue. Elle l’avait imaginée, plus imposante. Mais cette déception disparaît, quand, toutes voiles dehors et sans bruit, je la frôle à moins de 200m.

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C’est un instant magique que nous ne sommes pas prêts d’oublier tous les trois. Les photos qui suivent sont sans trucage. Le centre historique et ses monuments défilent à mon bâbord. Je continue à longer la banlieue en suivant un chenal car l’estuaire, tout en s’élargissant, perd en profondeur.

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Guidé par un marinero, je prends mon élan et me faufile dans l’écluse ouverte, faisant fi du courant. Je vais me plaire dans cette petite Marina calme, loin du tumulte de la ville. De mon emplacement, je distingue quelques superstructures avant-gardistes datant de l’exposition universelle de 1998. De plus, de grandes zones commerciales, vont permettre à mon équipage de prévoir un bon ravitaillement avant la traversée vers Porto Santo.

Samedi 22 août – Je m’apprête à recevoir un équipage supplémentaire : Sandra, Olivier et leur moussaillon de 3 mois, Alicia. Nicole installe les cabines qu’ils vont occuper. La petite Alicia devrait être à l’aise dans la cabine double du triangle avant. Gérard est occupé à faire la vidange de mon moteur. Depuis notre départ de Granville, il a tourné 146h. L’huile est relativement fluide et claire. Mon chef-mécanicien peut se féliciter, sa maintenance régulière et sérieuse porte ses fruits.
Dimanche 23 août – L’avion en provenance de Nantes atterrit à 15h40 et c’est en métro que Mamie et Papy partent accueillir leur petite-fille et ses parents.

 

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