De Lanzarote à Tenerife

Lundi 12 octobre : A 9h nous quittons le port d’Arrecife, après un dernier au revoir à mes compagnons de voyage, Pocoloco, Ar Vag et Cornic. Je longe la côte Est de Lanzarote sous un soleil déjà chaud. Le vent faible ne nous rafraîchit pas mais il permet de garder le taud du cockpit du côté du soleil levant et son ombre est appréciable. Un léger effet venturi en approchant de la pointe Papagayo au SE de l’île permet d’accorder une demi-heure de repos au moteur. Sur mon chemin un exocet (poisson volant) fait un saut d’une centaine de mètres. Laissant derrière moi Lanzarote, je poursuis au près serré, aidé, à nouveau par Yanmar.

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Au revoir Lanzarote

Au large je retrouve la houle ample de l’océan et une brise de NW plus respirable. Le rythme des quarts s’installe. En fin d’après-midi, je n’ai parcouru que 50 milles sur les 150 milles annoncés par le GPS au départ. Le vent forcit enfin, me permettant d’atteindre les 5 noeuds sous grand-voile et génois. A 3 milles devant moi, un autre voilier trace sa route vers la même destination. C’est Anastasia, le RM de Franck et Sophie, rencontré à La Graciosa puis à Arrecife. Il est 16h15 lorsque la voix de Franck se fait entendre à la VHF, il vient de remonter une daurade coryphène, le veinard.

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Anastasia

A 16h50, Gérard tend le bras vers l’horizon, il vient d’apercevoir des souffles de baleine. Je ne suis pas trop rassuré, je préfère qu’elles restent à l’écart de ma route.

A 17h15, la ligne de pêche tribord se tend brusquement. Nicole s’apprête à filmer la remontée de la proie mais la ligne écourte et le précieux leurre, fait maison, est emporté. La bouée couronne, retenue au balcon arrière par un cordage fragilisé par les UV, profite d’un moment d’inattention pour nous fausser compagnie. Branle-bas de combat sur le pont et demi-tour. La bouée est repérée. Gérard fabrique en un tour de main un lasso qu’il a fixé au bout de la gaffe. Nicole est à la barre. La manoeuvre, faite exclusivement à la voile est parfaite et la bouée frivole est ramenée à bord. Je peux reprendre ma route vers l’ouest. Mon skipper analyse l’extrémité de la ligne sectionnée. Le fil, de grosse section, est torsadé et usé sur 60cm. Gérard en conclut que la prise devait être un bel espadon. A la relève du quart de 18h, une des lignes se tend, à nouveau. Notre pêcheur remonte une daurade coryphène. L’honneur est sauf !

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Gérard remonte la ligne

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La daurade est à bord

Jusqu’à minuit, je file mes 4,5 noeuds par vent de travers, sous grand-voile et génois. Puis le vent me lâche et Yanmar reprend du service. Il me reste encore 80 milles à parcourir et si je veux arriver de jour, je dois maintenir mon allure.
A l’aube, les hauteurs de la côte Est de Tenerife se profilent à l’horizon. Sa majesté, le mont Teide, d’une hauteur de 3718m, après une brève apparition, se cache pudiquement derrière sa couronne nuageuse.

A 12 milles de mon but, le Venturi, engendré par le haut relief, est le bienvenu. Il me permet de terminer ces derniers milles à la voile, à plus de 6 noeuds et d’atteindre la Marina Atlantico de Santa Cruz de Tenerife à 17h30.
Je viens de franchir les 2000 milles depuis mon départ du 11 Juillet. Vous pourriez croire que je dois être un peu dépaysé, loin de mon port d’attache…..Eh bien, point du tout…. Sur mon ponton, les équipages parlent français. En effet, la majorité des bateaux battent pavillon tricolore. Je revois deux anciennes connaissances, Merlin et Orca. Orca a retrouvé deux copains du port de Carentan, Oléo et Aqua Vitae. Que d’apéros le soir en prévision !

Le port de Santa Cruz est en travaux. Il n’est nul besoin de réveille-matin, le marteau-piqueur le remplace allègrement dès le lever du jour. L’esplanade est en cours d’embellissement. Les ouvriers s’emploient à la perforer de part en part pour y planter des palmiers. Ils procèdent ensuite au pavage.

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Par temps sec, la poussière engendrée par ces travaux se dépose sur nos ponts. Par temps humide, elle se transforme en boue fine qui n’est pas du plus bel effet sur ma peinture claire. Néanmoins, mon équipage apprécie la proximité du centre ville et la variété de ses commerces. Gérard est content, il a trouvé des shipchandlers. Il va pouvoir terminer l’installation de mon dessalinisateur. Nicole s’emploie à mettre en ligne l’article sur mon séjour à Lanzarote mais le débit de la connexion est trop faible pour l’ajout de photos. Elle finit par utiliser son forfait 3G de SFR. Vue la montée en flèche du prélèvement, elle cherchera, la prochaine fois, un point wifi en ville.

L’île de Tenerife est la plus grande de l’archipel des Canaries, elle rappelle Madère par sa couverture nuageuse quasi permanente, son humidité et donc sa végétation variée. Mon équipage envisage de louer une voiture pour découvrir son paysage intérieur et le parc naturel du Teide.

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L’Auditorium est le premier édifice que l’on voit en arrivant par la mer. Il fait penser à l’Opéra de Sidney.

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Piscine municipale près du port