L’influence d’un artiste

25 milles séparent le port de La Graciosa de celui D’Arrecife sur la côte Est de Lanzarote. Parti à 9h30, sous un chaud soleil et en compagnie du fidèle Pocoloco, me voilà amarré au ponton E de la récente marina à 15h30.

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Ce ponton donne sur une promenade où sont installés de nombreux petits restaurants. Il y en a pour tous les goûts ( asiatiques, burgers, spécialisés poissons, viandes grillées, légumes…..) Un jeune breton, que mon équipage a rencontré, y a ouvert une boulangerie-pâtisserie, salon de thé qui ne désemplit pas du matin au soir. Chaque matin, au réveil, mon capitaine s’y rend pour acheter ses croissants. Une épicerie permet de se dépanner en produits de base. A l’office de tourisme, situé près de la Capitainerie, en plus de tous les renseignements donnés en français, on y loue des voitures à un tarif plus que raisonnable ( Ex : 77€ pour trois jours tout compris sauf carburant bien entendu ). Les sanitaires sont spacieux, les douches à l’italienne, délicieuses.

Ce port est bien rempli, car, en plus de ces avantages, il a été choisi comme escale pour la mini-transat. Les petits voiliers de course et leurs jeunes skippers sont partis de Douarnenez, ils doivent quitter Arrecife en fin de mois pour rallier La Guadeloupe.
Pour se rendre à la ville, il faut faire le tour du bassin et prendre une passerelle qui enjambe une petite lagune. Les navigants profitent de la présence de magasins d’accastillage aux prix intéressants pour parfaire leur équipement ou entreprendre quelques travaux de maintenance. Pocoloco a une nouvelle ancre flambant neuve. Le voilà paré pour ses futurs mouillages dans les baies Antillaises. Mon dessalinisateur sera bientôt installé, Gérard s’y emploie.
Si on se cantonne à la ville d’Arrecife, l’île ne vaut pas le détour. A Lanzarote il faut louer une voiture et découvrir tranquillement cette île dépaysante. Les îles canariennes ont la réputation d’être très touristiques. Lanzarote ne déroge pas à la règle mais, ici, les insulaires respectent des normes qui préservent leur patrimoine.
Un artiste à la fois peintre et architecte, César Manrique, enfant du pays, a réussi à faire admettre ses idées. Il a permis à son île de se développer économiquement en gérant un tourisme raisonné. Excepté Arrecife, les villes sont de taille modeste et leurs maisons sont basses, blanches aux volets verts ou bleus. De petites cheminées aux allures de minaret viennent ajouter une note mauresque à cette harmonie architecturale.

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Lanzarote est le dépaysement assuré pour celui qui vient de la métropole. Une succession de dômes volcaniques séparés parfois par des coulées de lave durcie donne l’impression d’avoir atterri sur le sol lunaire. Malgré l’aridité, certains pans de volcan sont cultivés en parcelles entourées de murets de pierres sèches. Pour pallier  l’évaporation, car les précipitations sont rares, ces petits lopins sont recouverts de rofe (cendre volcanique).

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En plus des fruits et des légumes, les agriculteurs lanzaroténiens cultivent la vigne. Chaque pied est protégé par un muret en demi-lune.

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Ce qu’il faut voir :
Le jardin de cactus
César Manrique, son créateur, a utilisé une ancienne carrière. L’entrée dans cet amphithéâtre naturel ne laisse pas insensible. Des centaines de cactus de toutes tailles et savamment plantés sont mis en valeur au milieu de cet espace minéral.

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Los Jaméos del agua
Il s’agit d’une curiosité géologique. Une grotte souterraine et son lac ont été aménagés en une oasis inattendue. Des éclairages bien étudiés magnifient encore davantage ce trésor naturel.

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La Cueva de los Verdes
Comme los Jaméos del agua, cette grotte se situe à l’intérieur du tube volcanique produit par l’éruption du volcan de La Corona. Un guide vous entraîne dans une galerie à plusieurs niveaux. Le visiteur marche là où la lave brûlante s’écoulait vers la mer. Ce tube fait 8 km de longueur et continue sous la mer sur 2 km. Ce site est souvent étudié par les vulcanologues.

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La fondation César Manrique
Après s’être fait une renommée dans le monde entier, il revient sur son île natale en 1966. Il trouve qu’elle a peu évolué et décide de se consacrer à sa défense et à son développement architectural. La fondation a été sa première maison, il l’a fait construire sur un champ de lave. La partie supérieur est faite d’une succession de cubes blancs, contrastant sur le noir de la lave et de grandes baies vitrées. Au niveau inférieur, il s’est servi des bulles volcaniques reliées par des galeries pour aménager des salons et un bar. Une piscine d’eau turquoise entourée de végétation luxuriante vient parfaire la sensation de « zénitude ».

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Le parc de Timanfaya ou las Montanas del Fuego
Ce site fabuleux ne se visite qu’en bus pour garder intacte cette nature terrifiante. Il est situé au sud-ouest de l’île, dans la zone où ont eu lieu les dernières éruptions volcaniques, de 1730 à 1736 et en 1824. Elles ont enseveli la partie la plus fertile de l’île. La route qui mène au parc traverse l’ancienne coulée de lave qui s’étend sur des kilomètres carrés. Arrivés au parking, avant de prendre le bus, prenez le temps de regarder le trou béant où du personnel ravitaille avec de la paille séchée le feu sortant des entrailles de la terre.

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Le restaurant panoramique vous propose pour 12€, un plat de viande ou de poissons grillés sur cette braise. Mon équipage s’est régalé.

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Je vous laisse découvrir les images apocalyptiques de leur retour aux origines de notre planète Terre.

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El Golfo
Une lagune d’un vert émeraude s’étale derrière une plage de sable noir, elle est retenue par une falaise volcanique stratifiée aux couleurs variées selon la roche.

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Los Hervideros
Une rivière de lave y a rejoint l’océan et la houle vient s’y écraser avec fracas.

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Las Salinas de Janubio
Un immense damier de marais salants créé par l’homme où se dressent, bien rangés, de petits tas de sel blanc contrastant avec le noir de la lave omniprésente.

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Teguise
Ancienne capitale de Lanzarote et son imposant marché du dimanche matin qui attire les touristes en mal de souvenirs à rapporter de leur voyage. Elle est située au centre de l’île.
Elle clôt ce circuit qui a émerveillé mon équipage.

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Demain je dois reprendre mon voyage et découvrir une autre île. Ce sera Tenerife à 150 milles vers l’ouest.
Ce soir, apéro à mon bord pour dire au revoir aux équipages de Pocoloco, Ar Vag et Cornic. Bon vent les amis et à bientôt sous d’autres latitudes.