Cumberland sur l’île Saint Vincent

Après les Tobago Cays, je serais bien descendu plus sud pour explorer les autres îles des Grenadines comme Union, Petite Martinique, Cariacou mais le temps passe vite et je dois ramener mes jeunes passagers en Martinique d’où ils s’envoleront pour retrouver leur chère Bretagne. Mais ma remontée se fait sans précipitation. Je passe une nuit à Charlestown Bay sur Canouan. Le mouillage est plus houleux qu’à ma précédente escale. Ensuite je retrouve la baie de Bequia. Mon équipage profite du taxi pour prospecter la côte au vent de l’île. On y découvre, au sud, une baie abritée de la houle du large par des récifs. Mouillage agréable mais mieux vaut y pénétrer par temps calme. Au large se détachent Petit Névis, île Quatre et Moustique. Le NW de Béquia est occupé par des villas appartenant à de riches propriétaires mais elles sont discrètes et se fondent dans le paysage.

St Vincent
 Vendredi 26/02, je quitte les Grenadines. Nicole s’est occupée de la clearance de sortie de Saint Vincent mais je bénéficie d’un laps de temps de 48h pour profiter d’une dernière escale sur la maîtresse-île. La destination envisagée est la petite baie de Cumberland, située entre Walilabou et Chateaubelair. Le canal entre Bequia et Saint Vincent est peu agité. Parti à 8h30, à 11h je suis déjà à hauteur de la petite crique. Un boy-boat vient à ma rencontre et me guide. Mon ancre est descendue par 20m de fond et je suis pourtant à quelques mètres du rivage. Ensuite un jeune garçon récupère une grande aussière que mon skipper lui tend. Il part amarrer une extrémité autour d’un cocotier puis ramène la deuxième extrémité à mon bord. L’aussière, bien tendue, je me retrouve avec mon arrière près de la plage et l’étrave dirigée vers le large. Je n’ai plus que 3m50 sous ma quille mais je suis bien maintenu.

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Au long de l’après-midi, d’autres voiliers arrivent et, en soirée nous sommes une bonne dizaine. Le cadre est enchanteur. Sur la plage de sable noir poussent des cocotiers. Quelques baraques-restaurants ouvrent leurs portes le soir à la clientèle de passage. Il y a aussi le Benny’s bar qui propose une wifi de très bonne qualité. Grâce à mon antenne je peux la recevoir à bord. Le luxe !
A l’arrivée, mon équipage est assailli par des vendeurs de toute sorte qui arrivent sur des embarcations très précaires. En soirée, se présente un beau trois-mâts hollandais. Sa présence ajoute à l’ambiance du lieu une note irréelle. J’ai l’impression de revenir au temps des pirates des Caraïbes. Le décor est planté ! Le soleil se couche à l’horizon, la nuit tombe, une musique rythmée anime cette soirée.

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Samedi 27 : Rendez-vous pris par l’équipage avec un chauffeur de taxi, par l’intermédiaire de Maurice, un rasta qui les accompagne pour leur faire découvrir les « Dark View Falls »( cascades ). L’unique route qui surplombe la côte escarpée n’est pas en très bon état mais la vue est fantastique. Les villages sont pauvres mais propres. La population est essentiellement noire, dans cette région de l’île. Il y a encore des lieux-dits aux noms bien français ( Petit Bordel, Chateaubelair, Belmont…). Puis le chauffeur quitte la route et emprunte un chemin qui longe une vallée à la végétation exubérante jusqu’à l’entrée du parc. L’entrée est de 5$ EC par personne.

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Le taxi dépose ses passagers. Pour atteindre les cascades, il faut emprunter un pont suspendu qui enjambe un large torrent.

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Un sentier mène, ensuite, à la première cascade puis un escalier dissimulé derrière les bambous et les arbustes fleuris, conduit à la deuxième cascade.

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Le guide, Maurice, est le premier à ôter son tee-shirt et à rentrer dans la vasque pour une douche fraîche et vivifiante. Massage assuré car l’eau tombe d’une trentaine de mètres. Yves, Marie et Gérard ne tardent pas à le copier. Nicole immortalise la scène en prenant des photos.

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Sur la route de retour, le taxi s’arrête à hauteur d’un marchand de repas préparés. A l’aller, l’équipage avait repéré son stand et l’odeur du poulet boucané avait excité leurs papilles. L’échange avec ce local est des plus sympathiques.

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Cette île est injustement exclue du parcours touristique de nombreux navigants mais c’est, sans doute, ce qui fait son attrait.
Mon bref séjour à Cumberland s’est passé sans incident et pourtant je suis resté seul, au mouillage, très près de la plage, à portée d’un simple baigneur.

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    Gousses de vanille sauvage

Dimanche 28 : Départ à 7h pour Rodney Bay à Sainte Lucie où mon équipage a prévu de me faire passer une nuit à la marina afin de faire le plein d’eau douce avant le retour en Martinique.