Douze mois plus tard….

Vous venez de cliquer sur le blog de la virée du San Maryann qui était peut-être encore classé dans la liste de vos favoris, ou bien vous faîtes partie des amis de Nicole sur Facebook où vous avez été avisés de la sortie inespérée d’un nouvel article. Eh bien oui, vous ne rêvez pas, je suis à nouveau sur la toile.
Je vous ai quitté en mars 2016 après ma remontée des îles Grenadines, au sud de la Martinique. Mon vagabondage s’est poursuivi jusqu’en mai avec des escales dans les îles plus au nord.


La première, la Dominique, est la préférée de mon équipage. Son haut relief qui retient les nuages venant de l’Atlantique présente un paysage intérieur époustouflant. La culture intensive n’y a pas sa place, aussi y trouve-t-on une végétation très variée. Les dominicains peuvent être fiers de leur île. Le tourisme s’y développe raisonnablement (moins d’un paquebot par jour à Roseau, la capitale). Le niveau de vie y est, sans doute, le plus bas dans toutes les Antilles.


Au nord-est de la Dominique se profile Marie Galante, île française, sans volcan, ressemblant à une galette. Autrefois appelée l’Ile aux cent moulins dont il ne reste que des ruines à part un, moyennement entretenu. On y poursuit la culture de la canne à sucre mais les moyens utilisés pour sa récolte et son broyage se sont modernisés.


A son nord s’étalent les deux ailes de sa grande soeur, la Guadeloupe. Grande-Terre, l’île basse et la majestueuse Basse-Terre dominée par La Soufrière. J’ai séjourné avec mon fidèle ami Pocoloco, dans la marina du Bas du Fort à Point à Pitre, le temps à nos équipages respectifs de sillonner cet autre département français. Je ne vais pas m’étendre sur leur circuit, un guide touristique le fera mieux que moi.


Au retour de ce plaisant périple, j’ai fait escale à Terre de Haut, dans l’archipel des Saintes. Le mouillage, ouvert à la houle du nord-est, est plutôt rouleur mais la beauté de la baie compense l’agitation des quelques nuits passées.


Mi-mai, j’ai retrouvé le mouillage de Sainte Anne. La saison cyclonique approchant, il était tant pour moi de me déshabiller (dégréer dans le langage marin) et de me préparer pour les six prochains mois que je dois passer solidement amarré au ponton 8 de la marina du Marin. Je vous fais grâce de toute la préparation pour mon « hivernage ». La liste « To Do » dressée par Gérard était impressionnante.

Néanmoins le 14 juin j’étais fin prêt pour endurer la première tempête tropicale qui se présenterait. Je n’ai pas dit cyclone car là on est plus sûr de rien et mieux vaut rester humble ! Mon équipage, de son côté, était impatient de revoir leur terre natale, leur famille et leurs amis métropolitains. Ils m’ont quitté pour quatre longs mois, une première pour moi. Je sais qu’ils s’inquiétaient régulièrement de mon sort, particulièrement le jour où Matthew a choisi de passer au-dessus de la Martinique. Je me suis fait un peu chahuter mais mes amarres ont bien joué leur rôle. Mon mât semblait vouloir apprendre à tricoter. Puis tout s’est calmé. Ouf ! Plus de peur que de mal ! Ce fut le seul évènement météorologique notable de cette saison cyclonique au sud de la Martinique. Le nord, lui, a subi de fortes inondations.


C’est en fin de journée du 15 octobre que j’ai retrouvé mon équipage, plutôt pâlot. Il venait de quitter la Savoie, le matin même, sous une température de -2°C. La chaleur et le décollage horaire furent les prétextes pour une remise en route tout en douceur.
Enfin, le 18 novembre, j’étais fin prêt pour naviguer. Première étape : Sainte Anne…..3 milles et demi parcourus ! Le moteur, vidangé avant l’hivernage, a bien démarré. Je pousse le lendemain, jusqu’à la grande anse d’Arlet, histoire de débarrasser ma coque de sa végétation aquatique. A Fort de France, j’ancre sous le fort, à proximité du centre-ville. Mon mousse est ravi d’aller faire quelques emplettes en compagnie de Marie Ange, sa belle-soeur, venue nous rendre visite pour deux semaines. J’aurais certainement l’occasion de vous présenter Mab car elle vit avec son mari Maurice à Tahiti et j’espère bien y traîner ma coque dans les prochains mois. Je retrouve momentanément ma place au Marin, content de m’être « dégourdi les voiles ».
Le premier décembre, je quitte définitivement ma place, direction Pointe-à-Pitre en Guadeloupe. Je profite d’une courte fenêtre météo favorable pour parcourir les 120 milles en trois étapes. J’ai rendez-vous le 5 décembre à la marina pour une mise au sec. Nicole et Gérard avaient prévu y effectuer mon carénage et en profitent pour changer les bagues de mes safrans. Pourquoi en Guadeloupe, vous demandez-vous ? Certes il était possible de l’effectuer au chantier de Carèn’Antilles au Marin, mais voilà, le tarif fait la différence. Aller-retour sur le terre-plein : 800€ au Marin, 320€ à PaP.


Après mon séjour au chantier, j’ai dû patienter jusqu’au 23 décembre au ponton visiteur avant de pouvoir reprendre ma navigation. Météofrance annonçant régulièrement un avis de grand frais, je risquais de faire de la casse durant la traversée des canaux.
Le 23/12, je pointais prudemment mon étrave vers Basse-Terre pour aller m’amarrer dans la jolie petite marina de la Rivière Sens où nous avons passé tous les trois un Noël tranquille.


Sur le chemin du retour vers le Marin, j’ai fait une escale à Coulibistri en Dominique, face au restaurant de Roger et Marcella, un couple belge. Si vous êtes fins gourmets et appréciez la langouste grillée, un arrêt s’impose. Quatre corps-morts vous permettent d’y passer la nuit en toute sécurité et de profiter de l’eau limpide du mouillage.


Baie de Sainte Anne : Rappelez-vous ! C’est ici, qu’après 17 jours de navigation trans-océanique j’ai jeté mon ancre, on était le dimanche 17 janvier 2016. Ce 31 décembre, nous y fêtons le passage à 2017, 5h après la Métropole. Minuit approche, un premier feu d’artifice crépite au loin puis un deuxième prend la suite. Chaque commune, autour de la baie, s’illumine à tour de rôle.

4 réflexions au sujet de « Douze mois plus tard…. »

  1. Ouf ! nous attendions ce retour avec impatience. C’est toujours avec le même plaisir et le même intérêt que nous suivons votre périple.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *