Antilles du Sud ( suite et fin )

Samedi 1er avril : Je quitte Carriacou pour rejoindre Grenade, dernière île des Antilles du sud. Le canal qui sépare les deux îles est parsemé de petites îles inhabitées. Je vais toutes les laisser à bâbord. Un courant traversier, non négligeable, a tendance à me déporter vers l’ouest. Je serre donc un peu plus au vent.
Devant moi se dresse le Rocher nommé Diamant. Il ressemble à celui de Martinique en moins érodé.

A proximité, l’île Ronde offre un mouillage à ceux qui recherchent la solitude mais il est rouleur.
A deux milles dans l’ouest de cette île, un cercle sur la carte marine nous signale l’emplacement d’un volcan sous-marin en activité. Son sommet n’est plus qu’à 150m de la surface. Des poches de gaz pouvant remonter, il est préférable de l’éviter.

Plus je m’approche de Grenade, plus le ciel s’obscurcit. L’île au relief élevé retient les nuages venus de l’océan. Après l’aridité des Grenadines, mon équipage apprécie de revoir le vert de la forêt tropicale.

Rapidement la côte disparaît sous un rideau de pluie et me voici rincé par une bonne averse.


Il est temps de remonter les lignes et de procéder aux manoeuvres d’approche de la zone de mouillage. Notre pêcheur vient tout juste de ranger la dernière quand un banc de gros thons me rattrape puis me dépasse en m’éclaboussant au passage. En ce jour du premier avril, je vous promets que je ne mens pas. Gérard est rageur !
Du 2 au 7 avril :
La ville de St George’s s’étend au sud-ouest de l’île, autour de deux bassins. Le bassin nord appelé Carénage est réservé aux bateaux de pêche. Le bassin sud abrite une jolie marina. Entre les deux, un grand dock accueille les cargos qui y déchargent leur marchandise.

Le mouillage se situe à proximité du chenal de l’entrée du port. Si l’île le protège des vents d’est, il ne l’est pas de la houle. Par contre, il est animé. De là j’assiste à l’arrivée de gros paquebots venant déposer leurs passagers pour la journée. Il s’en suit un va et vient de water-taxis qui se chargent de les emmener à la plage de Grande Anse située au côté opposé du mouillage. Les vagues de ces bateaux ajoutées à la houle me chahutent pas mal.


Le bureau des douanes et de l’immigration se trouve dans la marina, un ponton est réservé à l’amarrage de l’annexe, le temps de faire les formalités.

La ville est dominée par un vieux fort construit par les français. Sa rénovation ne semble pas être une priorité.

 Un équipage heureux


La ville vue du fort

 Moi, je me sentirais visé !

Je préfère ça ! Eh oui, c’est moi !


Un petit tour en ville


Un beau spécimen de la police


Le Club Med 2


Le Faucon, déjà rencontré à Antigua


La plage de Grande Anse


Face à moi


La météo est maintenant propice pour un départ, demain, samedi 8 avril. Après une bonne heure d’attente devant le bureau des douanes, la clearance de sortie est enfin délivrée. De retour à bord, mon capitaine installe les deux tangons qui éviteront au génois de frotter sur les haubans. La majorité des voiliers n’ont qu’un seul tangon et lorsque le vent ou le cap vient à varier légèrement, il faut passer le génois de l’autre côté et avec lui, le tangon. C’est une manoeuvre plutôt périlleuse à effectuer sur le pont. Avec deux tangons à poste, on ne s’occupe que de la voile et de ses écoutes. A l’inverse la GV, elle, est envoyée de l’autre côté.
De son côté le mousse concocte un plat cuisiné qui assurera les deux premiers repas.
Me voilà fin prêt pour affronter les 290 milles de navigation vers les îles vénézuéliennes.

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