Une journée à Santo Antao

Je laisse le soin à Nicole de vous faire découvrir cette île située au Nord-Ouest de l’archipel du Cap Vert. Il n’y a pas de mouillage assez abrité et si Porto Novo possède un quai, il est fait pour accueillir, essentiellement, les deux ferries faisant la navette entre les deux îles. Je vais donc attendre sagement mon équipage, bien amarré à mon ponton…
Le départ du ferry est prévu à 8h mais il faut se présenter 20mn avant, avec les billets achetés la veille. Nous voilà installés sur le pont supérieur pour ne rien manquer de cette courte traversée (environ une heure pour 15 milles) et pouvoir prendre quelques clichés. Vu les nombreux touristes européens, cette île doit avoir certains attraits. Un bon vent souffle entre les deux îles, la mer est agitée mais elle se calme à l’approche du petit port situé sur la côte sud, abrité des vents dominants.

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Sitôt descendus du ferry, nous sommes accueillis par des chauffeurs d’aluguers, tous prêts à nous servir de guides. Nous choisissons Rosendo qui parle le français et son pick-up rouge. Il nous prend 50€ pour la journée et nous indique l’itinéraire qu’il suivra pour que l’on puisse, en une journée, avoir un bel aperçu des paysages de son île.

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Le relief de Santo Antao est très escarpé et élevé. Les versants abrupts des chaînes montagneuses qui entourent l’île sont dépourvus de végétation. On devine d’anciennes coulées de lave.
A la sortie du village de Porto Novo, nous empruntons une route qui serpente le long des canyons creusés par l’érosion. Avec soulagement, nous constatons que Rosendo est un conducteur prudent. Cette route, entièrement pavée, est réellement magnifique.

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Au fur et à mesure de l’ascension vers le centre de l’île, celle-ci devient de plus en plus verdoyante et boisée, montrant un paysage radicalement différent de sa voisine Sao Vicente.

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Passées les premières crêtes, la température se rafraîchit nettement et les premiers arbres apparaissent. Ce sont des cyprès d’Italie que l’on ne s’attend pas à rencontrer sous ces latitudes.

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La route, nommée La Corda, continue à suivre les cimes. Nous traversons un hameau, Lombos das Figueiras, avec son école primaire neuve et ses petites maisons. Nous sommes à plus de 1000m d’altitude quand Rosendo arrête son véhicule pour nous donner le temps d’admirer le cratère de Corva qui se dévoile à nous. Nous sommes surpris de découvrir que l’intérieur du cratère est entièrement cultivé, la terre y est fertile.

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Plus loin ,nous découvrons un autre panorama grandiose : toute la vallée de Paul conduisant jusqu’à l’océan; celle-ci est luxuriante, extrêmement montagneuse avec des à-pics impressionnants.

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Avant d’atteindre la ville de Ribeira Grande sur la côte nord la Corda continue à nous impressionner. Sa construction a dû représenter un travail colossal. Elle passe d’une crête à une autre en contournant la montagne et surplombe des vallées magnifiques.

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Des parcelles étagées et cultivées viennent adoucir les pentes. Nous découvrons de la canne à sucre, en pleine floraison à cette période de l’année, du maïs comme à Sao Nicolau, des bananiers, des papayers, des arbres à pain, des orangers…..

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Arrivés à Ribeira Grande, la plus grande ville de l’île, la route se sépare en deux, devant le front de mer. La route de droite rejoint Porto Novo par la côte Est. Elle est récente. Rosendo me dit que nous la prendrons au retour. Nous poursuivons donc sur celle qui se dirige vers l’Ouest. Sa corniche, creusée dans la roche, suit la côte escarpée jusqu’à son terminus, le petit port de pêche de Punto do Sol.

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Autrefois, avant la construction de la route de La Corda, ce port, pourtant mal abrité, était le seul à pouvoir accueillir la navette de fret. Elle mouillait au large. Le déchargement et le chargement se faisaient par barques et l’arrivée au petit quai était très périlleuse lorsque la houle déferlait. La Corda et le nouveau port ont permis à Santo Antao de se développer et de devenir le « grenier » de l’archipel du Cap Vert.

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Après une halte-repas bien appréciée à Punto do Sol, notre chauffeur nous proposa une dégustation du Grog local ( un mélange de rhum et de mélasse ou caramel de canne). C’est moins alcoolisé que je ne pensais mais mieux vaut ne pas en abuser !

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La route suit un torrent dans une superbe vallée.

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Chaque rive est cultivée et je découvre des parcelles de légumes nouveaux, pour moi : patate douce, manioc et igname.

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Il est temps de songer au retour, si on ne veut pas manquer le dernier ferry de la journée.

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La route du retour qui longe la côte Est n’est pas aussi spectaculaire que La Corda. Elle est asphaltée en grande partie. Ce qu’apprécient Gérard et Yves qui ont fait toute l’excursion sur les bancs en bois du pick-up.

Après le franchissement de deux tunnels, nous retrouvons la côte aride de l’île. Cette route, récemment construite, rapproche la ville de Ribeira Grande et les villages de la côte Nord du port de Porto Novo. Des véhicules chargés de marchandises nous dépassent. Comme nous, ils vont embarquer sur le ferry et rejoindre Mindelo et ses marchés.

Arrivés à l’embarcadère, nous prenons congé de Rosendo en le remerciant des efforts fournis pour toutes ses explications en français. Nous n’aurons visité que la moitié Est de Santo Antao. Il faudrait plusieurs jours pour la parcourir en totalité et profiter de ses nombreux sentiers desservant des hameaux disséminés.
Cette île n’est accessible que par bateau, la mettant ainsi à l’abri d’un tourisme de masse.