La Galice Espagnole ( De Muxia à Baiona )

Muxia : Samedi 1er août 2015. J’appareille, comme prévu, à 7h. Je quitte la Ria de La Coruna au moteur. Le vent, si  puissant les jours  derniers, est retombé. Au  niveau des « îles Sisargas », il reprend un peu de vigueur. Le moteur stoppé, je poursuis une route SW sous génois tangon et grand-voile. Je longe une côte nommée « costa de la muerte » (côte de la mort). Cela ne donne pas envie de s’y attarder ! Je laisse derrière moi la ria de Corme que je connais pour y avoir mouillé, face à une petite plage, il y a deux ans. Je double le cap « Villano » à 15h.

image Le cap Villano

Je m’engage dans la « Ria de Camarinas ». Entre-temps le vent a forci et sous des rafales de 30 nœuds, j’atteins rapidement le petit port de Muxia. Le port est abrité et l’accostage au ponton se déroule sans problème. Il est 16h, ce qui donne le temps à Gérard et Nicole de faire des courses et même une promenade dans le village.

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Ils ne pousseront pas jusqu’à « El Santuario de Nosa Senora da Barca » cette fois-ci. Cette église a été construite, sur les rochers, face à la mer. Certains jours de forte tempête, les vagues atteignent son parvis. Lors de leur passage en 2013, mon équipage y a fait une excursion. Un grand frais de SW soulevait la mer et les visiteurs avaient de la peine à rester debout sur les cailloux, face aux embruns. Il faut que la construction soit solide pour résister aux intempéries !

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Muros : Dimanche 2 août. Le vent prévu pour la journée n’est pas propice à la destination envisagée car il est S.SW et c’est vers le sud que je dois aller. Mais il est faible, alors je mettrai à contribution mon Yanmar. Pour ne pas faire faseyer ma grand- voile, je tire trois petits bords, ce qui rallonge un peu ma traversée mais la rend plus confortable aussi. A 11h15, je double le célèbre cap « Finisterre ». La mer est belle, légèrement soulevée par la houle. Le cap, caché par la brume, se dévoile à mon passage et laisse apparaître son phare et sa falaise abrupte. Puis la houle s’aplanit et je file sur un mer plate et sous un ciel dégagé. A 14h, je contourne la « Punta Carreiro » et, sous toile seule, je remonte la Ria de Muros, jusqu’à la ville qui porte le même nom.

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Je pose mon ancre dans 10 m d’eau, à 100m de la ville et de sa cale. L’annexe va pouvoir reprendre du service, elle n’a pas touché l’eau depuis Camaret. Nicole trie les photos qui viendront embellir mon blog, puis ils partent prendre leur bain …..de foule ( pas de mer, ils ne sont pas assez téméraires, l’eau ne dépassant pas les 17°C ). Nous sommes dimanche soir et les terrasses des bars sont bondées. Mon équipage a choisi le « Pouso Bar » pour se rafraîchir et surtout pour se connecter et s’enquérir des dernières nouvelles de France.

image Le San Maryann au mouillage à Muros

Muros est une ville coquette avec ses maisons anciennes et leurs balcons fleuris. En 2013, de nombreux bâtiments étaient laissés à l’abandon en raison de la crise. Depuis, un parfum d’optimisme se fait sentir et, j’aperçois, de mon mouillage, des échafaudages, signe de reprise économique.

image Maisons avec leurs balcons fleuris

image Marché couvert

image Maisons avec leurs balcons fermés

Lundi 3 août : Gérard démonte, à nouveau le carburateur du hors-bord, car il s’arrête au ralenti. Il constate que le gicleur est bouché. De vraies bêtes à chagrin, ces moteurs à essence ! Quelques ronds dans l’eau… Plus tard, mon ingénieux mécanicien peut affirmer qu’il ne cale plus. Nous sommes tranquilles jusqu’à la prochaine panne, affaire à suivre…..L’après-midi est occupée à installer la barre de relevage de l’annexe sur mon portique. Elle n’est pas encore opérationnelle mais elle le deviendra dans un proche avenir. Au dessous de 45°N de latitude il est bien connu que les tâches se font plus lentement….! Je ne vous raconte pas à quoi s’occupe Nicole pendant que son mari bricole, cela vous lasserait ( cuisine, ménage, lessive, courrier, comptes…Voilà c’est dit une fois pour toutes).
Baiona : 45 miles séparent Muros de Baiona. A 7h15, mon ancre est relevée, ma grand-voile hissée et je glisse à 5 nœuds sur une mer d’huile, avec l’assistance inévitable de Yanmar. A 8h45 le disque solaire fait son apparition, au dessus d’un sommet, une belle journée débute. Cap au SW pour quitter la Ria, une houle s’amplifiant malmène les estomacs. A midi, Gérard repère une déchirure de 15 cm sur le génois. Elle est due au ragage de la voile sur la dérive tribord qui était restée relevée. De la couture en perspective ! Après le cap Corrubedo, ce sont les îles Ons puis les îles Cies, réserves naturelles, qui défilent à mon bâbord.

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Je suis sous génois tangonné car le vent adonne en ce début d’après-midi et il est seul à me propulser, enfin ! Le calme de la navigation à voile incite à la farniente. Repose toi, petit mousse, je veille. Notre pêcheur surveille, sans conviction, les lignes que je traîne depuis le départ. L’eau est à 17°C et le thon ne mord qu’à partir de 18°C….d’après les professionnels. L’honneur est sauf ! Les îles Cies derrière moi, je traverse le rail descendant puis le rail montant de la route des cargos qui alimentent le port de Vigo.

image Porte-conteneurs dans le rail

Devant moi, s’étale la « Ensenada de Baiona » protégée par un ensemble d’îlots où déferle la houle. Je longe la pointe où s’élèvent d’anciens remparts et leurs tours.

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Je me dirige vers le mouillage calme où se reposent déjà quelques vadrouilleurs comme moi. Il est 16h. Avant de prétendre à faire du tourisme, il faut songer à réparer mon génois. Le matériel de couture est sorti. De chaque côté de la voile déroulée, mes arpètes se mettent à la tâche. Un demi-heure plus tard, je me retrouve avec une jolie rustine.

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Allez, vous l’avez bien mérité ce tour en ville, mais ne vous attardez pas trop, car demain vous attendent le Portugal et les 40 miles pour atteindre le prochain port. C’est notre dernière nuit en Espagne.

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