La Galice Espagnole (De Viveiro à Muxia)

Viveiro :
Il est 9h, ce vendredi 24 juillet. Après une fin de traversée un peu mouvementée, quel plaisir de se retrouver, au calme, devant une jolie plage de sable. Un dauphin, ayant élu domicile dans la baie, vient batifoler autour de moi et joue avec ma boule de mouillage.

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Mon équipage ne se fait pas prier pour prendre du repos et récupérer ainsi des trois nuits fractionnées. Du haut de mon mât, je repère le petit port de Viveiro, caché derrière une digue au bout d’un petit canal. A leur réveil et, après un petit-déjeuner en guise de repas de midi, Nicole et Gérard décident de me rapprocher de mes congénères. Je suis attendu, sur le ponton « visiteurs », par un marinero qui m’indique un emplacement et qui aide Nicole à m’amarrer.
Après avoir accompli les formalités, mes matelots partent visiter la ville et en profitent pour acheter quelques produits frais au supermarché « Gadis », situé à deux pas du port.

image Les fromages espagnols

De mon côté, je fais connaissance avec mes voisins de ponton, battant pavillon français, pour une grande majorité.

Samedi 25/07 est un jour férié pour les Espagnols, c’est la fête des pêcheurs. Viveiro et son grand port de pêche, Celeiro, nous offrent un feu d’artifice, le soir même. Celui-ci est lancé de la digue, en face, en début de soirée, alors qu’il fait encore bien jour. Il est, néanmoins, réussi. Gérard et Nicole ont remonté en vélo la vallée marécageuse de la rivière « Landro ». Comme le port, elle foisonne de mulets et de dorades.
Mon équipage fait connaissance avec trois sympathiques français sur le voilier d’à côté : Eric, le propriétaire et ses deux copains, Jean-Michel et Patrick. Ils nous quittent mardi, profitant du vent portant qui les poussera jusqu’à Gijon. Nicole tient à vous faire part de la recette de calamars d’Eric. Essayez-la et n’hésitez pas à nous dire ce que vous en pensez.
Recette de calamars à la crème d’Eric : pour 2 pers.
500g de calamars coupés en anneaux
1 oignon émincé
1 verre d’eau
1 càc de paprika
15 cl de crème
sel et poivre selon goût
Dans une cocotte, disposer les calamars et l’oignon. Ajouter un verre d’eau et laisser cuire une bonne demi-heure. Ensuite ajouter le paprika, le sel et le poivre et enfin la crème. Laisser frémir encore quelques minutes et servez avec du riz ou des pommes de terre ou autre garniture. C’est une recette simple mais succulente.

Après le vent du sud de tous ces jours-ci, un vent modéré de nord est annoncé pour mercredi. La journée du mardi est occupée à ma préparation pour la navigation du lendemain.

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En rajoutant un peu de gas-oil dans le réservoir, Gérard constate une odeur puis un écoulement de carburant dans le fond de la coque. Même s’il est infime, mon skipper cherche obstinément la cause. Par déduction, il pense l’avoir trouvée. L’évent ne joue pas son rôle, ce qui entraîne une surpression au niveau du joint de la trappe de visite du réservoir. De l’occupation programmée lors de la prochaine escale.
La dernière soirée à Viveiro se passe à bord de l’« Alisé », un voilier basé à Ouistreham et qui promène une famille dont deux enfants, Thomas et Mélinée.
La Coruna :
Mercredi 29/07 : Parti ce matin, aux aurores, j’ai avalé mes 60 miles en 8 heures. Vent arrière, j’ai fait des pointes à plus de 10 noeuds. Le vent modéré, prévu sur les bulletins météo, s’est avéré être un bonne brise de 25 noeuds avec rafales à 30. La mer était bien formée aux passages des caps. Ces caps, je n’ai pu qu’en deviner les pointes, la visibilité étant quasiment nulle. En m’engageant dans le chenal d’entrée, je laisse, à tribord, le plus ancien phare « La Torre de Hercules »
Au port de La Coruna, comme il y a deux ans, de nombreuses places sont libres et j’occupe une place double. Nicole et Gérard aiment cette ville très animée et le soir- même ils s’engagent sur la spacieuse promenade qui les conduit vers le centre historique de la ville et ses nombreuses rues piétonnes.

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Jeudi 30/07 : Comme je vous l’ai dit plu haut, le temps des réparations est venu. Il faut soulever les parquets, vider les coffres de la couchette arrière après avoir sorti les matelas. Le tuyau qui relie le réservoir de carburant à l’évent va prendre un chemin différent. Il est raccourci et sa pente accentuée.

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Mes ouvriers sont satisfaits. Alors place à la détente et excursion en vélo, cet après-midi.

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Vendredi 31/07 : Nous faisons la connaissance d’un équipage qui revient des Antilles. Leur voilier porte le nom de « Lancelot ». Gilbert, Soizic et leurs deux enfants, Lucie et Gaétan, ont quitté Saint-Malo il y a un an. Ils arrivent des Açores et s’apprêtent à rejoindre leur Bretagne. Nicole s’est empressée de prendre note des escales les plus appréciées pendant leur périple.
Sur mon ponton, un autre voilier attire également l’attention. C’est celui de Yann Quenet, un breton parti de Saint-Brieuc. Il a fabriqué son « Scow » de 4m50, en CP et il s’est lancé le défi d’accomplir un tour du monde.

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Nous espérons le revoir lors d’une future escale. Demain il met le cap sur l’île de Madère. Avec tous mes arrêts le long de la côte portugaise, je n’y serai pas avant mi-septembre. Je prends déjà du retard. Mais le temps n’est pas à la régate, profitons des bonnes fenêtres météo pour naviguer et des escales pour visiter et continuer à faire de belles rencontres.
Justement demain est prévu un vent de Nordet, idéal pour descendre vers Muxia. Alors, bonne nuit, car lever programmé pour 6h et départ, au lever du jour, donc 7h.
image Au revoir La Coruna