La vie à mon bord

Plein de gasoil : Après repérage des pompes, la plupart des skippers déplacent leur bateau et l’amarrent au ponton à carburant. Le plein se fait, alors, comme pour une voiture, de la pompe au réservoir. A mon bord, en plus de mon réservoir de 350 litres, sont rangés dans un coffre arrière, 75 litres de gasoil, répartis dans 5 bidons. Disons qu’ils constituent une réserve supplémentaire. Dès que le niveau de carburant baisse et que l’approvisionnement est possible, mon capitaine procède avec précautions, au transvasement du liquide. Celui-ci passe par un entonnoir muni d’un filtre. A chaque fois, Gérard constate la présence de différents corps étrangers dans le filtre. Avec soulagement, il se dit qu’il préfère les voir là que dans le réservoir qui alimente son précieux moteur. Il ne lui reste plus ensuite qu’à aller remplir ses bidons qu’il transporte sur le « diable », prévu à cet effet.
Vérification de ma coque et des anodes : Les échouages à marée basse, à Chausey, permettaient de procéder à la vérification des oeuvres vives. Depuis que j’ai quitté ma côte normande, je n’ai pas eu la possibilité de sécher mes dessous au soleil. Ma coque est toujours immergée. Seuls les poissons ont droit de visite. A Quinta do Lorde, Gérard a sorti masque, palmes et bouteille pour une plongée. Ce n’était pas pour nager avec les poissons mais pour vérifier l’état des anodes et de l’antifouling. Rien à signaler en ce qui me concerne. Les bateaux-copains ont, bien sûr, profité de l’inspection. Bilan : Les anodes des arbres d’hélice de Ar Vag et Pocoloco ont disparu. Une nouvelle plongée, le lendemain, a permis à mes amis de se doter d’une anode neuve. Un club de plongée, au sein de la Marina, a accepté de regonfler la bouteille.

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Odeur de gaz dans la cambuse : Urgence à bord, mon équipage détecte une odeur de gaz, aux abords de la gazinière. Celle-ci est sortie de son emplacement. La fuite se situe au niveau d’une zone de friction du tuyau de gaz. Gérard fouille dans sa réserve et remplace le tuyau, soi-disant homologué, par un tuyau Tricoclair auquel il fait davantage confiance. Nicole profite du déplacement de la gazinière pour frotter les parois inox inaccessibles autrement. Et voilà ma cambuse à nouveau opérationnelle.

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Travaux de couture : Nicole a ressorti sa machine à coudre. Après la réparation de quelques accrocs, elle entreprend de métamorphoser les pantalons usagés de son mari en shorts, plus adaptés à notre latitude. A propos de latitude, nous sommes loin maintenant des 48°50’ du port du Hérel. Depuis le Finistère, mon étrave pointe vers le Sud. Me voici descendu au 32°40’ et je prévois m’approcher de l’équateur mais je ne le franchirai pas cette année.

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Soirées amicales : Après l’effort, le réconfort. Les journées à Quinta se terminent, le plus souvent, par un apéritif dînatoire, sur l’un des bateaux-copains. A tour de rôle, chaque équipage prépare ses toasts et autres spécialités du bord. Le voilier-hôte résonne d’éclats de rire. Le bon vin de Madère n’y est pas étranger ! Puis chaque équipage rejoint son bord à une heure trop tardive pour songer au dîner.

image Sur Ar Vag

image Sur Merlin

image Sur Pocoloco

image Sur San Maryann

A mon bord, Nicole et Gérard se mettent d’accord sur le film qu’ils vont regarder ce soir. Le Pico, micro-projecteur offert par les amis et la famille à notre départ, est installé dans la cabine. Un écran provisoire, au pied de la couchette, leur permet de regarder leur film comme au cinéma ( mais allongés ! ).
Moi, je dis qu’une vie de retraités comme celle-là, vaut la peine d’être vécue. Ils ne vont  certainement pas me contredire.
Bonne nuit, mon fidèle équipage. Faîtes de beaux rêves. Et vous, fidèles lecteurs, je vous donne rendez-vous pour la découverte de l’île de Graciosa. Viva Espana !