C’est reparti !

Mardi 21 février : Je suis à Saint-Louis de Marie-Galante. La journée commence par un petit déjeuner dans le cockpit. Il fait soleil, la météo annonce un vent faible variable avec un risque de grains. Je vois Grande-Terre, au nord, puis Basse-Terre au nord- ouest disparaître sous un rideau de pluie. Les Saintes, à leur tour, sont atteintes. Les grains tournent autour de Marie-Galante, semblant l’épargner. Mais en milieu de matinée, le ciel devient menaçant, le vent vire à l’ouest en forcissant. Je ne suis pas du tout à l’abri sur cette côte normalement protégée des alizés d’est. La mer se creuse à mesure que le vent se renforce. Mon voisin commence à déraper puis s’immobilise, heureusement car son équipage est descendu à terre. Il s’est un peu trop rapproché à mon goût ! Gérard et Nicole sont à bord, prêts à démarrer mon moteur et à lever l’ancre si je venais à chasser moi aussi. Mais ils peuvent se rassurer, l’alarme ne sonnera pas. Je suis confiant depuis que mon prudent capitaine a rajouté, il y a deux mois, 15 kgs de plomb dans le diamant de mon ancre CQR. Elle fait plus de 40 kgs maintenant. Quand la hauteur d’eau le permet et que l’eau est claire, Gérard plonge pour vérifier sa bonne position. Il remonte satisfait et soulagé.


Ce coup de vent s’est poursuivi toute la nuit. J’ai appris plus tard que plusieurs bateaux se sont trouvés en difficulté en Dominique, Martinique et Sainte Lucie.

Mercredi 22/02 : Le ciel s’est dégagé, la mer est redevenue calme. Je quitte Marie- Galante sous le soleil. Il fait si beau que mon équipage décide de faire route directement vers Le Marin, en passant au vent, c’est-à-dire à l’est de la Dominique et de la Martinique. J’ai près de 120 milles à parcourir. En partant vers 9h, je devrais arriver dans la matinée au Marin. Les jours se suivent et ne se ressemblent pas ! Pas un souffle d’air ! Ce n’est pas un océan, c’est un lac ! Même les poissons se laissent vivre ! Pas un d’entre eux n’aura l’obligeance de mordre à l’une des cinq lignes que je traîne.

Jeudi 23/02 : Il est 11h30 quand j’ancre au « Petit Versailles », zone de mouillage proche de la Marina du Marin. Il faut trouver une place parmi les nombreux corps-morts sauvages. Je vais pouvoir me préparer en toute tranquillité pour la suite de ma virée.

Jeudi 9 mars : Mes équipiers ont loué une voiture pour faire l’avitaillement à l’hypermarché Carrefour de Génipa, à 30 km. Ils en profitent pour pousser jusqu’à Decathlon acheter une deuxième douche solaire en prévision du remplacement de l’ancienne qui commence à mal supporter son exposition aux UV. Au retour, le coffre de la Clio est bien plein. Il reste, tout de même, assez de place pour ramener Nathalie et Hervé, les invités de Pocoloco qui débarquent de la Métropole.

Mardi 14/03 : Je ressens une certaine effervescence à mon bord. Le grand départ approche. On dit au revoir aux amis. Dernières courses au Leader Price du Marin. Je me permets de signaler au passage la dangerosité du ponton, pourtant bien pratique pour y amarrer les annexes. Des planches sont cassées et le trou béant n’attend que le passage du malheureux caddie qui s’aventurerait avec son chargement !

Promis, on se retrouve à Curaçao

Bien sûr, toi aussi, Zika

 

Tout beau pour recevoir les amis

Mercredi 15/03 : Je quitte le mouillage du Marin en passant par le ponton carburant pour faire le plein d’eau douce. 468 kg de poids supplémentaires. Ma ligne de flottaison s’est enfoncée sur bâbord où se situent les rangements et le réservoir d’eau. Pas de problème, je giterai moins quand je descendrai sud poussés par les puissants alizés d’est. Au revoir Le Marin et sa marina accueillante. Je trouve une place près de l’anse Caritan à Sainte-Anne à quelques brassées de Pocoloco.

Jeudi 16/03 : La clearance de sortie est effectuée au bar « Boubou » de Sainte-Anne. Mon équipage passe sa dernière soirée martiniquaise à bord de Pocoloco.

Mardi 17/03 ( un an et deux mois après mon arrivée ici même : Un dernier saut au bourg pour récupérer le « pain de mer » commandé hier. Ce pain se conserve 4 à 5 jours. après sa cuisson et son complet refroidissement, il est passé au four une deuxième fois.
Pocoloco part pour les Anses d’Arlets. Au revoir mon cher compagnon de voyage. Notre première rencontre remonte à notre séjour respectif à Lisbonne. Que de milles parcourus ensemble !
Allons, ne nous laissons pas envahir par la nostalgie. C’est maintenant à mon tour de lever l’ancre, il est 10h30 et j’ai 25 milles de canal à franchir. Il fait beau. La météo prévoit un vent d’est de 4 à 5 B, une mer agitée et une houle de 2m50. Des conditions idéales pour nous dégourdir, moi et mon équipage.
Au revoir la Martinique. Je pars à la découverte de nouveaux horizons.

En bonus, l’itinéraire des prochains mois :

De la Martinique à Grenade

De Grenade au Cabo de La Vela

Du Cabo de La Vela à Panama