Le Portugal ( D’Aveiro à Nazare )

Aveiro 40°39’53N/8°43’81W :
Je suis mouillé devant le village de Sao Jacinto depuis lundi 10 août. Nicole s’est remise de son infection virale. Après s’être bien reposée la journée de mardi, elle a pu se dégourdir les jambes, le soir même, en se rendant, avec Gérard sur la côte ouest qui borde l’océan atlantique. Il suffisait de se laisser guider par le bruit du déferlement de la houle m’ont-ils dit. Après avoir longé le mur d’un grand terrain militaire, ils sont arrivés sur une bordure de dunes, derrière laquelle, une plage de sable fin conduisait au rivage. Au sud, elle se termine par la digue de l’entrée de la lagune. Au nord, elle semble n’avoir aucune limite. Elle disparaît, à l’horizon, dans le flou de la brume, pourtant légère à cet instant de la journée.

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L'eau est fraîche !

L’eau est fraîche !

Une nostalgie s’empare de mes équipiers. Ils se reportent cinquante ans en arrière et se souviennent des dunes de Jullouville qui ont été le terrain de jeux de leur enfance. Peu à peu, de nouvelles constructions les ont fait disparaître. Ils souhaitent profondément que les Portugais préservent cet écosystème et espèrent en découvrir d’autres au cours de leur voyage.

Une courageuse agapanthe

Une courageuse agapanthe

Mercredi 12 août 2015 – C’est en vélo que se fait la découverte de la lagune. De nombreux pêcheurs à la ligne se sont installés sur le bord de la route-digue. D’autres se laissent dériver par la marée montante, sur leurs barques. Sur l’autre rive, sauvage et marécageuse, des pêcheurs à pied s’affairent dans la zone sableuse découverte à marée basse.

"Doris portugais" !

« Doris portugais » !

Sur le côté gauche de la route, s’étendent les pinèdes qui séparent la lagune de l’océan. Tout cela serait idyllique si une ombre ne venait pas noircir le tableau….. la pollution par les déchets de matière plastique. La partie, en contrebas de la route, en est jonchée. Dommage ! La distribution gratuite et automatique de sacs en plastique dans les commerces n’y est certainement pas étrangère. Retour à mon bord pour le déjeuner. Au menu, grillades et aubergines grillées au barbecue. Ce soir sont prévues de belles sardines, fraîches, achetées sur le quai.

Dîner aux ch.......leds !

Dîner aux ch…….leds !

Certains d’entre vous m’ont demandé des nouvelles du moteur hors-bord. Lui aussi, il a retrouvé la santé. Son médecin particulier l’a bien soigné et, depuis la dernière intervention, il a retrouvé sa jeunesse. Je suis soulagé pour mes occupants car je sais que, parfois, je serai ancré assez loin d’un lieu de débarquement. Mais mon super-skipper a songé à cette éventualité et à une substantielle économie, en concevant une annexe mixte (moteur-voile). Justement, cet après-midi, il se fait plaisir, en tirant des bords dans le plan d’eau.

 L'annexe sous toile

L’annexe sous toile

Jeudi 13 août 2015 – Cette matinée est ensoleillée et calme,  moment judicieusement choisi pour vérifier ma tête de mât. Gérard a trouvé sur mon pont, deux petits bouts de téflon. Il doit savoir quelle pièce est défectueuse. Avec l’aide de Nicole pour l’assurer, il gravit chaque marche de mon mât, en inspectant, au passage, les barres de flèches, les sertissages et les poulies. Il n’a pas constaté de signes d’usure mais c’est lors de la descente qu’il résout l’énigme. Ces deux petits débris viennent d’une des cloches de tangon, de la partie qui glisse le long de mon mât. Il faudra songer à remplacer cette pièce d’usure. « USURE ou RAGAGE » sont des termes qui reviennent souvent en navigation hauturière. Vous n’aurez pas de photo de Gérard, perché, car Nicole ne peut pas à la fois photographier et retenir son mari au bout d’une drisse. A chacun, sa priorité ! Par contre, si le proverbe s’avère exact, une belle journée de navigation nous attend demain.

Jolie maison

Jolie maison

Figueira da Foz 40°08’84N/8°51’58W :
Vendredi 14 août 2015 – Je ne risquais pas de chasser, mon ancre est bien engluée dans la vase. Mon guindeau me tire, néanmoins de là. Il est 8h30 et je dois descendre le chenal à marée descendante pour avoir le courant avec moi. En effet, passées les digues, je suis entraîné, à plus de 8 noeuds, vers le large. L’eau bouillonne, j’ai l’impression d’être dans une marmite ! A 9h je retrouve l’océan et sa houle plus berçante. Pour une fois, la visibilité est bonne. Je peux voir défiler, à bâbord, à moins de deux miles, une côte basse avec sa plage de sable et ses dunes. Je trace une ligne droite sur la carte avec un cap à 200°. Je vise la prochaine pointe qui apparaît, à 25 miles de mon étrave. En début d’après-midi, j’atteins le cap Mondego, entaillé par des carrières d’extraction de roche.

Cap Mondego

Cap Mondego

La ville de Figueira, jusqu’alors cachée, s’étale avec son urbanisme moderne. Le phare de l’entrée de l’estuaire semble minuscule au milieu de ces infrastructures. Je regrette déjà le petit village de Sao Jacinto.

 Figueira da Foz

Figueira da Foz

Un cargo sort de la passe, je m’engage derrière lui et rejoins la Marina, la plus proche. Je n’ai pas de comité d’accueil au ponton mais Nicole est bien reçue à la réception. Elle règle pour deux nuits : 62,60€ et 10€ de caution pour le badge des accès sanitaires et ponton. Gérard a pris 9 gros maquereaux dans la journée. Il a décidé d’en sécher deux et de répartir les sept autres dans trois bocaux, accompagnés de rondelles de citron, de carottes, d’oignons, de cornichons. Il y ajoute une cuillère à café de sel fin, quelques aromates, du vin blanc, du vinaigre ( 1càs ) et un peu d’eau. Les 3 bocaux sont bien calés dans la cocotte remplie au 1/3 d’eau. Il faut compter une bonne 1/2h de cuisson à feu réduit à partir de la rotation de la soupape. Recette des conserves de maquereaux au vin blanc ( façon Gérard ).

imageJ’ai peu de choses à vous raconter sur cette escale à Figueira. Le samedi après-midi, pluvieux, n’a pas permis à mon équipage d’explorer la ville. Par contre, le matin, ils ont fait le plein de fruits et légumes dans un marché couvert, situé de l’autre côté de l’avenue, face au port de plaisance.

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Ils y ont trouvé des pousse-pieds cuits à un prix abordable. Il y avait longtemps qu’ils avaient envie d’y goûter.

Voilier français qui a démâté à 100 milles de la côte. Pas de chance.

Voilier français qui a démâté à 100 milles de la côte. Pas de chance.

Nazare 39°35’13N/9°04’36 :
Dimanche 16 août 2015 – La navigation se fait, à nouveau, au moteur. Mais où sont passés ces alizés portugais qui devraient me pousser vers le sud ? La mer est lisse mais, néanmoins, inconfortable. La houle, sur mon travers, me fait rouler bord sur bord. Nicole essaie, tant bien que mal, de cuisiner. Gérard, que le roulis rend indifférent, surveille les 6 lignes que je traîne. Il ramène fièrement 3 bonites et quelques maquereaux.

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A 17h je salue le phare de Nazare et son rocher, connus de tous les surfeurs, pour la vague générée par un phénomène naturel. Elle peut atteindre 34m.

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Le marinero m’indique une place le long d’un ponton. Je vais être très bien ici. Au travail, ce soir, bonites en conserve. On innove. Vous n’aurez donc pas l’exclusivité cette fois-ci.

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